Extrait de "Nouvelles de exil"  (inédit)

Traduction Monique Laederach

 

A l’horizon, au-dessus des buis amers

à l’ouest de ma cellule

- cellule de moniale - aucune lune ne s’est levée,

mais à l’heure matinale, un coeur de faisan a battu

comme dans les temps oubliés.

 

Les arbres, dissociés par toute agitation,

montrent le chemin vers la main évadée

sous les églantines blanches ou

les buissons d’épines:

“nido”, dis-tu,

un nid.

 

Aucune nuit ne fut si légèrement sans rêves jusqu’ici.

Même le fantôme, à peine visible,

n’eut qu’une colère éteinte pour lâcher

ses cris.

 

Je chasse le givre

de tes cheveux,

les larmes du silence,

je rassemble les trésors qui

me reviennent,

 

j’use une vie après l’autre

pour tous les mots, les mots sauvages,

l’écriture négligée et les

heures de composition qui restent en projet.

 

Il faut en venir à bout,

dis-je avec provocation:

nul coeur de faisan ne bat pour rien

à l’heure du serment

dans le bois de buis amer.

 

Page 16 de "Nachrichten aus dem Exil"

bullet

Retour